Mercredi 14 avril 2021

"Il guérit toute maladie et toute langueur."

   Dieu est plus qu'un frère, plus qu'un incomparable ami, c'est le médecin de nos âmes, notre Sauveur par état. Il est venu sauver le monde de ses péchés, guérir les maladies spirituelles, nous apporter la vie et une vie plus abondante, allumer sur la terre le feu du ciel. Nous sauver, voilà son rôle, sa mission, sa raison d'être ; réussir dans cette mission, voilà sa gloire et son bonheur. Pourrait-il se désintéresser de nous ? Sa vie de travaux et d'humiliations, son corps sillonné de blessures, son âme abreuvée de douleur, le Calvaire et l'autel, tout nous montre qu'il a fait pour nous des folies d'amour : Il nous a achetés à si haut prix ! (I Co 6, 20) Comment ne lui serions-nous pas chers ? En qui aurions-nous confiance, si ce n'est en ce doux Sauveur sans lequel nous étions perdus ?

    Ne mettons jamais en doute l'amour de Dieu pour nous. Croyons sans faiblir à la sagesse, à la puissance de notre Père qui est aux cieux. Si nombreuses que soient les difficultés, si menaçants que puissent être les événements, prions, faisons ce que demande la prudence, acceptons d'avance l'épreuve si Dieu la veut, abandonnons-nous avec confiance à notre bon Maître, et moyennant cela, tout, absolument tout, tournera au bien de notre âme. L'obstacle des obstacles, le seul qui puisse faire échouer les amoureux desseins de Dieu sur nous, ce serait notre manque de confiance et de soumission, car il ne veut pas faire violence à notre liberté.

Dom Vital Lehodey (1857-1948), Le saint Abandon, II, III-IV

MÉDITER :

   Toute notre vie chrétienne tient dans lunion à Jésus. Il nous rendra victorieux dans le combat spirituel, parce quil est notre Sauveur par état. "Par état", cela veut dire que le seul fait de lui être uni sera notre salut, notre retour au paradis perdu. En effet, le péché consiste tout entier dans la séparation davec Dieu, et dès que lunion à lui est retrouvée, nous sommes sauvés.

   Du côté de Dieu, rien nest changé par notre péché : il se donne à nous comme au premier jour, inconditionnellement disponible pour mener vie commune avec nous. Toute la question est de lui ouvrir la porte, cest-à-dire de poser un acte de foi qui lui permettra dentrer et de demeurer en nous. Former cet acte de foi, tel que nous le professons au cours de la nuit de Pâques, voilà lenjeu de nos moments de prière.

   Former un acte de foi : un acte de foi doit être raisonnable, sappuyer sur du solide ; voilà pourquoi la vie chrétienne doit sans cesse reprendre conscience de lamour de Dieu, entrer toujours plus dans la logique de sa bonté. Au fond, cette bonté nexplique-t-elle pas le cours des événements bien mieux que toutes les théories qui, en prétendant se passer de Dieu, ne font quadorer le hasard ? Tout au long de notre vie, nos méditations sur la miséricorde forment peu à peu notre acte de foi pascale, pour que nous ne mettions jamais en doute lamour de Dieu pour nous.

L´Auteur :

Lehodey (Vital, 1857-1948)

Né près de Coutances, prêtre diocésain en 1880, Alcime-Jude Lehodey entre à la Trappe de Bricquebec (Manche) en 1890 et y prend le nom religieux de Vital. Il en devient prieur, puis abbé en 1895, et se réfugiera quelques années avec ses moines en Angleterre durant les expulsions. Grand contemplatif, ses ouvrages de formation spirituelle connurent un large succès, réhabilitant, à une époque où cela n'allait pas de soi, une orientation résolument mystique de la vie monastique.

Son caractère bourru au dire de ses contemporains, cache une âme d'enfant, et Lehodey fut un grand admirateur de Thérèse de l'Enfant-Jésus (nettement plus jeune que lui !). Son portrait spirituel tient en ces quelques lignes écrites peu avant sa mort : Maintenant, Dieu se plaît à me rappeler qu'il a un cœur d'homme qui a besoin d'aimer les hommes et d'être aimé des hommes, un cœur d'Enfant-Dieu qui aime candidement, et qui est candidement heureux d'être aimé ; que moi aussi, j'ai un cœur qui a besoin d'aimer et d'être aimé, que nos cœurs sont faits l'un pour l'autre ; aimons-nous donc et ne cessons pas de nous aimer.