Mardi 25 février 2020

"Voici le chemin, prends-le !"

   Le chemin, c’est le Christ lui-même, et c’est pourquoi il déclare : «Je suis le chemin.» Et cela, certes, avec raison, car par lui nous avons accès au Père. Mais comme il n’y a aucune distance entre ce chemin et son point d’arrivée, le Christ ajoute : «Je suis la vérité et la vie.» Et ainsi est-il à la fois le chemin et son point d’arrivée.

   Mais comment parcourir ce chemin, alors que "personne n'a jamais vu Dieu" (Jn 1, 18) ? Le rendre visible, telle est la raison de son incarnation, que nous nous préparons à célébrer à Noël ; Jésus est l'homme qui nous révèle Dieu et nous conduit à Dieu :

   Il est le chemin selon son humanité, et le point d’arrivée selon sa divinité. Selon son humanité, il déclare : « Je suis le chemin » ; selon qu’il est Dieu, il ajoute «la vérité et la vie», deux mots qui indiquent le point d’arrivée de ce chemin. En effet, ce point d’arrivée est la fin du désir de l’homme, car l’homme désire principalement deux choses : la première, c’est de connaître la vérité, ce qui est propre à l’homme ; la seconde, c’est de continuer à être, ce qu’il partage avec tout le reste. Or, le Christ est le chemin pour parvenir à la connaissance de la vérité, puisqu’il est lui-même la Vérité ; et il est le chemin pour parvenir à la vie, puisqu’il est lui-même la Vie.

   Parce que Dieu a mis dans notre cœur ce double désir de vérité et de vie, connaître Jésus, nous unir à Jésus, devenir Jésus, résume tout notre bonheur.

   Si donc tu cherches par où aller, accueille le Christ, car il est le chemin. Saint Augustin nous dit : «Avance par l’homme, et tu parviendras à Dieu.» Mieux vaut donc boiter sur ce chemin, que marcher de bon pas hors de lui ; car boiter sur le chemin, même si l’on n’avance pas beaucoup, rapproche du point d’arrivée, tandis que marcher de bon pas hors du chemin en éloigne d’autant plus que l’on avance mieux. Si tu cherches où tu vas, attache-toi au Christ, car il est la Vérité à laquelle tu désires parvenir. Et si tu cherches où pouvoir te reposer, attache-toi au Christ, car il est la Vie.

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), Commentaire sur Saint Jean, XIV, III

 

Décidément, nous n'en finirons jamais de commencer à être chrétien !

Aussi, le voyageur sage et courageux, quand il aura été jusqu’au bout du chemin, reprendra alors le départ ; de telle sorte qu’oubliant ce qui est en arrière, il se dira chaque jour à lui-même : « Maintenant, je commence ! »

Guerric d’Igny († 1157), Sermon V pour l’Avent

MÉDITER :

 

L'Auteur :

Thomas d’Aquin (Saint, 1225-1274)

D’une noble famille d’Italie du sud, Thomas est formé au célèbre monastère du Mont-Cassin, dont il était destiné à devenir l’abbé. Il entre à vingt ans chez les dominicains, étudie puis enseigne à Paris et en Italie, élaborant avec sa Somme Théologique, une œuvre de référence pour la pensée chrétienne.

Guerric d’Igny († 1157)

Né vers 1087 à Tournai, Guerric apparaît au moment des grandes réformes monastiques du XIIe siècle. Tenté par la vie érémitique, sa rencontre de saint Bernard le placera définitivement dans le mouvement cistercien. Moine exemplaire, il sera le deuxième abbé de la fondation d’Igny, près de Reims. Ses 54 sermons, destinés au chapitre du monastère, montrent l’éducateur qu’il fut pour ses frères.