Vendredi 27 novembre 2020

Fête de la Vierge Marie en son icône du signe

Miracle commémoré chaque année

Un « oui » pleinement humain

Dieu emprunte la chair d’une femme consciente et consentante, pour que, de même qu’il a été conçu parce qu’il l’a voulu, de même Marie conçût de sa propre volonté, et devînt mère par une libre adhésion ; pour qu’admise à participer aux plans de Dieu, elle ne fût pas un simple instrument passif entre les mains de l’artiste, mais qu’elle s’offrît d’elle-même et devînt la coopératrice de Dieu pour la providence du genre humain, associée ainsi à la gloire qui devait en résulter.

De même que le Sauveur n’était pas homme et près de l’homme seulement par la chair, mais aussi par l’âme, l’intelligence et la volonté, et tout ce qui est de l’homme, de même il devait avoir une mère parfaite, qui préparait sa naissance non seulement par le corps, mais aussi par l’esprit, la volonté et par tout son être, et qu’ainsi la Vierge devînt mère de corps et d’âme, et apportât tout l’homme à l’ineffable enfantement.

Le plus admirable de tout, c’est qu’à un mystère qu’elle ne connaissait pas à l’avance, la Vierge se trouvât aussitôt préparée, recevant avec la tranquillité d’âme, la préparation et la vigilance qui convenaient, la venue soudaine de Dieu. Voici la servante du Seigneur ; elle dit, et l’effet suit la parole : et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Quand elle a donné à Dieu sa parole, elle reçoit l’Esprit qui forme en elle cette chair dotée de la divinité ; et le Verbe du Père est formé à la parole de la Mère, et le Créateur est créé à la parole de la créature. Comme à la voix de Dieu : Que la lumière soit, la lumière fut aussitôt créée, ainsi, dès que la Vierge eut parlé, naquit la lumière.

Nicolas Cabasilas, Homélies sur la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu

MÉDITER :

Marie, « femme consciente et consentante » : c’est en toute lucidité et responsabilité, avec toute la force d’une personnalité que l’on doit supposer très riche (relisons le Magnificat…), qu’elle devient Mère de Dieu. Son obéissance n’est pas servile, mais pleinement humaine.

Jésus n’était pas que le petit garçon très obéissant d’une maman très sage : toute la richesse de l’humanité se concentrait dans celui que les prophètes annonçaient comme le plus beau des enfants des hommes, et celle que l’ange salue comme « pleine de grâce ».

Le « oui » de Marie peut sembler trop facile : quelle femme refuserait de devenir Mère de Dieu ? Mais ce n’est pas au jour de l’Annonciation que Marie est devenue la Servante du Seigneur : c’est parce qu’elle l’était depuis son premier jour qu’elle a pu recevoir l’annonciation.

L'Auteur :

Cabasilas (Saint Nicolas, 1322-1391)

Né à Thessalonique de son patronyme Nicolas Chamaétos, est un auteur byzantin au XIVe siècle. Conseiller et ami de l'empereur Jean VI Cantacuzène, il fut un grand théologien laïc qui marqua la renaissance culturelle et mystique de Byzance, proche de l'école de spiritualité de l'hésychasme et de Grégoire Palamas. Saint orthodoxe canonisé en 1983 par le patriarche de Constantinople.