Mardi 29 novembre 2022

« Un rameau sortira de la souche de Jessé… » (Is 11, 1)

En cette première semaine de l’Avent, continuons d’envisager Noël au cœur de l’Histoire Sainte, et de voir dans ces quatre semaines qui nous en séparent un résumé de l’Ancien Testament : Jésus nous est annoncé aujourd’hui comme descendant de David, fils de Jessé, et c’est à ce titre qu’il hérite des promesses que Dieu attache à l’avènement du Messie :

La sainte Église nous fait souvenir, en ce temps, des désirs des saints patriarches qui soupiraient après la venue du Messie, qui, pour cela, est appelé dans les saintes Écritures le Désiré, ou le Désir de tous les peuples.

Mais il dépend de nous que ce désir s’accomplisse, et que l’avènement du Messie se fasse en notre cœur :

Nous excitons en nous ces désirs dans l’oraison, lorsque nous répandons nos cœurs en la présence de Dieu et que nous le supplions de venir en nous pour en prendre possession. Jésus-Christ nous a lui-même enseigné cette manière de prier, quand il nous a ordonné de demander à son Père que son règne arrive, c’est-à-dire qu’il règne paisiblement en nous, et que nous soyons par amour attachés à ses lois et à son Évangile.

Et cela de façon très concrète :

- par la pénitence, qui nous doit porter à nous éloigner du monde, à pleurer l’attachement que nous y avons pu avoir, et à embrasser les maximes de l’Évangile pour marcher dans la voie étroite ;

- par des sentiments d’une profonde humilité, nous estimant indignes de paraître devant Jésus-Christ, encore plus de nous unir à lui et de le recevoir en notre cœur ;

- par un grand courage et une fermeté inébranlable pour le bien, ne nous décourageant jamais à la vue des difficultés qui s’y rencontrent, et résistant avec vigueur au torrent du monde.

Fénelon, Lettre pour l’Avent 1691

Mais pour ne pas nous décourager, continuons de prendre conscience de notre besoin du Messie, et c’est vers cela que nous allons aujourd’hui encore orienter notre prière de l’Avent :

Jésus-Christ ne vient en l’âme qu’autant qu’on le désire et dans la proportion où on le désire. Qui ne le désire pas ne l’apprécie pas, et se rend, par cela seul, indigne de le recevoir. Nous devons donc, pendant ce saint temps, être des hommes de désirs, soupirer, comme autrefois les patriarches, après la venue du Messie, et comme les saints de la loi nouvelle, après le règne de Jésus-Christ dans leur cœur, redisant souvent avec eux : « Ô cieux, versez sur nous votre rosée ; que les nuées nous envoient le Juste par excellence, principe de toute justice ; que la terre de notre cœur s’épanouisse et produise le Sauveur. »

Et ces saints désirs doivent être à la fois ardents et généreux : ardents, pour être en rapport avec l’excellence du don que nous demandons ; généreux, pour sacrifier tout ce qui déplaît à l’hôte divin que nous appelons en nous.

André Hamon, Méditation pour le 1er dimanche de l’Avent

MÉDITER :

L´Auteur :

Fénelon (François de la Mothe, 1651-1715)

De vieille noblesse périgourdine, familier de l’entourage de Louis XIV, précepteur de l’héritier du trône, Fénelon devient archevêque de Cambrai en 1695.

Hamon (André, 1795-1874)

André Hamon, prêtre en 1820, se distinguera comme formateur du clergé dans la ligne spirituelle de saint François de Sales.