Mardi 20 octobre 2020

Sainte Marie-Bertille

Religieuse de la Congrégation des maîtresses de Sainte Dorothée (✝ 1922)

 

Lorsque l’amour devient incandescent…

    Désormais mon Amour, pourquoi m’arrêter à vos dons, puisque je suis amoureuse de vous et de vous seul, au-delà de tout cela ? Dites-moi ma Vie, vivons-nous ou pouvons-nous continuer à vivre l’un sans l’autre ? Non, car vous me désirez trop violemment et moi aussi je vous désire totalement, en l’ardeur d’un amour indicible… Que voulez-vous que je fasse sinon aimer ? Mais que voulez-vous que j’aime et que puis-je aimer, sinon vous qui êtes infiniment digne d’amour ? Pourquoi désormais me faire du souci, quoique vous me donniez, quoique vous me fassiez, quoique vous m’enleviez dans le temps et dans l’éternité, puisque je suis amoureuse de vous ? Non, non, puisque je suis amoureuse, cela me suffit, sans qu’il ne me reste rien à souhaiter.

    O mon unique Amour, je désire infiniment vous voir et vous posséder en votre gloire essentielle, mais je désire infiniment plus vous aimer véritablement, que ce soit dans l’abondance ou la vacuité et l’indigence, car, ô Centre de mon cœur, il ne m’importera jamais de faire ou de devenir quoi que ce soit, pourvu que je fasse vos délices en tout point. Non, non, mon amour et ma Vie, je serai contente lorsque je me verrai être votre paradis plein et entier, et pas autrement.

Jean de Saint-Samson (1571-1636)

MÉDITER :

Tout homme porte en lui le désir de la venue d'un Sauveur. Ce désir qui traverse les siècles et qui porte l’humanité vers son Créateur, devient l’impatience amoureuse de celui qui entend le pas du Bien-Aimé.

« Désirs purs, désirs forts… » 

Au milieu de tant de faux désirs « que notre prière, Seigneur, se fraie un chemin jusqu’à toi », car c’est elle qui nous remettra dans l’axe de notre vocation à partager la vie divine.

 

L'Auteur :

Jean de Saint-Samson (1571-1636)

Né dans la petite bourgeoisie de Sens, Jean du Moulin perd la vue à 4 ans. Très doué pour la musique, il devient organiste. À trente ans, semi mendiant à Paris, il fréquente le couvent des carmes de la place Maubert, s’y faisant lire par les jeunes frères et commentant pour eux les auteurs mystiques à la mode dans la capitale en plein renouveau spirituel. En 1606, il devient carme à son tour au misérable couvent de Dol-de-Bretagne, y prenant le nom de Jean de Saint-Samson. Son exemple et son enseignement l’ont fait surnommer le « saint Jean de la Croix français ».