Lundi 25 mai 2020

Tentations et combats

   Nous préférons parler de tentations, plutôt que de difficultés, dans la vie spirituelle, parce qu’en elle-même elle est simple, et qu’il suffit de la recevoir de celui qui la verse en notre cœur : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse » (Ro 8, 26). Prier ne peut pas être difficile, puisque ce sont aux petits enfants que Jésus promet son royaume.

   Mais il y a tentation et combat spirituel, parce que « l’âme unie à Dieu, le démon la redoute autant que Dieu lui-même » (saint Jean de la Croix), et « il n’ignore pas, le traître qu’il est, qu’une âme qui continue dans l’oraison est perdue pour lui » (sainte Thérèse d’Avila). C’est pourquoi « le démon est extrêmement jaloux de l’homme qui prie, et il use de tous les artifices pour lui faire manquer son but » (Évagre).

   La victoire dans ce combat ne consistera jamais à terrasser l’ennemi, mais à déjouer quelques pièges qui sont toujours les mêmes, et ont en commun de jouer sur notre imagination. Ce sont ces pièges que nous allons dénoncer cette semaine, mais sans crispation, car

   Le mépris est le moyen le plus court de se défaire d’un ennemi orgueilleux que rien ne blesse tant que le dédain. C’est un enfant pour ceux qui le méprisent, et un géant pour ceux qui le craignent. On voit dans la vie de saint Antoine et de plusieurs autres saints, qu’ils mettaient en fuite des légions de démons par un rire moqueur et par une piquante raillerie.

Ambroise de Lombez (1708-1778), Traité de la paix intérieure

MÉDITER :

 

L'Auteur :

Ambroise de Lombez (1708-1778)

Né dans une noble famille du Gers, Jean de Lapeyrie entre à 16 ans chez les Capucins. Son intelligence, son érudition et sa vie intérieure le feront remarquer comme professeur et confesseur, à Saint-Sever (Landes), puis à Bagnères, Auch et Luz dans les Pyrénées. Supérieur avisé, il permettra aux capucins d’échapper aux suppressions de la plupart des congrégations à la fin de l’Ancien Régime.