Mercredi 17 octobre 2018

Sainte Soline

Vierge, martyre (✝ v. 290)

Quand le maître se fait serviteur

    Si tu désires voir Jésus dans son élévation, appliques-toi d’abord à le voir en son humilité. Et que cette première vision t’abaisse pour que, humilié, l’autre t’élève ; qu’elle corrige et guérisse ton orgueil, pour que l’autre remplisse et rassasie ton désir. Vois-tu Jésus en son anéantissement ? Que cette vision ne te soit pas indifférente, car cette indifférence tu ne pourrais le voir en son élévation. Puisque tu lui seras semblable lorsque tu le verras tel qu’il est (I Jn 3, 2), sois lui donc dès maintenant semblable en le voyant tel qu’il s’est abaissé à cause de toi.

   En effet, si tu ne lui refuses pas de lui être semblable en son humilité, à coup sûr il te donnera de lui être semblable en son élévation. Jamais il n’admettra que soit écarté de la communion de sa gloire, celui qui aura été associé dans ses épreuves : « Vous êtes, vous, ceux qui êtes restés avec moi dans mes épreuves et je dispose pour vous du Royaume. » (Lc 22, 28) Donc, puisque si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons (II Tim 2, 12) en attendant, que notre méditation soit Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié (I Co 2, 2).

   Mettons-le comme un sceau sur notre cœur, un sceau sur notre bras (Cat 8, 6). Ouvrons-lui en quelque sorte les bras d’un amour accordé au sien, suivons-le par l’empressement d’une conduite sainte.

Saint Bernard (1090-1153)

MÉDITER :

Pour nous préparer à l'avènement ultime de Jésus, l'Eglise, par la Sainte Ecriture, nous rappelle la promesse de Jésus : « Vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume » (Lc 22, 30). C’est lors de l’Institution de l’Eucharistie, anticipation de ce « repas des noces de l’Agneau », qu’il nous a fait cette promesse, assortie du geste symbolique du lavement des pieds.

    « Moi qui suis maître et Seigneur, voici que je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » Luc 22, 27

 

L'Auteur :

Bernard (Saint, 1090-1153)

Né en 1090 dans une noble et nombreuse famille bourguignonne, après avoir fréquenté l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine où il aura reçu une excellente culture classique, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112, accompagné d’une trentaine de ses cousins. Fondée en 1098 par Robert de Molesme, cette première abbaye « cistercienne » s’est détachée de Cluny pour vivre de plus près les observances de la règle de saint Benoît : face à la magnificence de Cluny, Cîteaux recherche une vie simple, une architecture sobre et une prière plus intérieure. Bientôt abbé de Clairvaux, fondation de Cîteaux à côté de Bar-sur-Aube, Bernard sera en fait le vrai propagateur de ce renouveau monastique. Le succès en est énorme, et notamment les cinq frères de Bernard le rejoignent à Clairvaux, qui sera à l’origine de 341 filiales à la mort de Bernard en 1153 ! En même temps que rénovateur de la vie monastique, Bernard, « le dernier des Pères de l’Église », dit-on parfois, aura une importance considérable dans la littérature occidentale : ses sermons sur le Cantique des cantiques, associant les commentaires des Pères grecs aux thèmes courtois des troubadours de son époque, fondent pour les siècles suivants une nouvelle façon de parler de l’expérience de Dieu. Par ailleurs prédicateur populaire, conseiller des rois et des papes, arbitre des conflits de son époque, Bernard fut un personnage immense, comparable à un saint Augustin pour son influence sur le cours de l’histoire de l’Église.