Vendredi 24 septembre 2021

Saint Silouane

L’athonite (✝ 1938)

Une douloureuse prise de conscience

    A mesure que la lumière croît, on se trouve plus corrompu qu’on ne croyait ; on est tout étonné de son aveuglement passé, et on voit sortir du fond de son cœur, comme d’une caverne profonde, une infinité de sentiments honteux, semblables à des reptiles sales et pleins de venin. On n’aurait jamais cru les porter dans son sein, et on a horreur de soi, à mesure qu’on les voit sortir. Il ne faut ni s’étonner ni se décourager. Ce n’est pas que nous soyons plus méchants que nous ne l’étions : au contraire, nous le sommes moins ; mais tandis que nos maux diminuent, la lumière qui nous les montre augmente, et nous sommes saisis d’horreur.

    Mais remarquez, pour votre consolation, que nous n’apercevons nos maux que quand nous commençons à en guérir. Quand nous sommes privés de tout principe de guérison, nous ne sentons point le fond de notre mal : c’est l’état d’aveuglement, de présomption et d’insensibilité, où l’on est livré à soi-même. En se laissant aller au torrent, on n’en sent point la rapidité ; mais elle commence à se faire sentir à mesure qu’on commence à se raidir plus ou moins contre elle.

François de la Mothe-Fénelon (1651-1715), Lettre 208

MÉDITER :

On ne voit la saleté d’une maison qu’en allumant la lumière : l’âme ne s’aperçoit de ses péchés qu’à la lumière de Dieu qui l’éclaire. Au lieu de nous en désoler, réjouissons-nous, et commençons à balayer !

Les morts ne souffrent pas de la mort ; elle n’inquiète que les vivants. Si le péché nous désole, c’est que la grâce de Dieu est bien vivante en nous. Ce n’est pas le moment de nous décourager !

Dieu ne nous reproche jamais rien. Le sacrement de pénitence que nous sommes toujours invités à recevoir, n’est pas une punition, mais un ‘nettoyage’ indispensable.

L´Auteur :

Fénelon (François de la Mothe, 1651- 1715)

De vieille noblesse périgourdine, prêtre en 1675, il devient précepteur de l’héritier du trône de Louis XIV, le duc de Bourgogne. Sa défense inconditionnelle de la mystique Madame Guyon face à Bossuet le conduira en disgrâce comme archevêque de Cambrai en 1695. Homme de Dieu et pasteur exemplaire, dernier représentant du Siècle d’Or de la spiritualité française face au Jansénisme et au Gallicanisme envahissants, Fénelon fut un grand directeur spirituel dans la ligne de François de Sales.