Vendredi 26 février 2021

(abstinence de viande)

Baptême

La vie chrétienne : un baptême continu

   Newman nous disait hier que le baptême ne se réduisait pas à sa célébration, celle-ci n’étant que le signe visible de la grâce de Dieu, qui vient renouveler toute notre vie :
   Par le baptême de la nouvelle naissance, la sainte grâce nous apporte deux biens, dont l’un surpasse infiniment l’autre. Elle nous gratifie tout de suite du premier ; en effet, elle nous renouvelle dans l’eau même, et fait resplendir tous les traits de l’âme, ce qui en nous est à l’image de Dieu, en effaçant toutes les rides de nos péchés. Quant au second, elle attend de pouvoir le faire avec nous, et c’est ce qui est selon la ressemblance de Dieu.
   Dans la tradition chrétienne, commentant la création de l’homme « à l’image et à la ressemblance de Dieu », le passage de l’une à l’autre se fait au fur et à mesure que nous acceptons de vivre de la vie nouvelle reçue au baptême. Et c’est ainsi que
   De même que les portraitistes commencent par tracer en une seule couleur l’esquisse de leur tableau, et qu’ils recouvrent peu à peu une couche par une autre, de même la grâce de Dieu commence-t-elle, dans le baptême, par remettre en ordre ce que l’homme était à l’image de Dieu en venant au monde. Puis, quand elle nous voit désirer de toute notre volonté la beauté de la ressemblance et nous tenir nus et sans trouble dans son atelier, alors, faisant se recouvrir les vertus et relevant la beauté de l’âme de splendeur en splendeur, elle lui procure ce qui caractérise la ressemblance.

Diadoque de Photicé (Ve siècle), Sur la perfection

   « Quand la grâce de Dieu nous voit désirer de toute notre volonté la beauté de la ressemblance… » : la semence divine déposée en nous au baptême ne se développera que si nous voulons vivre de cette vie nouvelle. La sainteté est une grâce, mais à laquelle nous devons adhérer si nous voulons qu’elle soit efficace :
   Quand nous disons dans le Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié », nous demandons et supplions pour que nous qui avons été sanctifiés par le baptême, nous persévérions en ce que nous avons commencé d’être.
   Nous avons besoin d’être chaque jour sanctifiés, parce que nous qui sommes chaque jour pécheurs, nous devons être de nouveau purifiés de nos fautes par une sanctification continue : « Ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les hommes aux moeurs infâmes, ni les voleurs, ni les faussaires, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les brigands n’obtiendront le royaume de Dieu. Vous avez vécu tout cela, mais vous voilà lavés, justifiés, sanctifiés au nom du Seigneur Jésus et dans l’Esprit de notre Dieu. » (I Co 6, 9-11)
   Prions pour que cette sanctification du baptême dure en nous. Et parce que notre Seigneur et Juge ordonne à celui qu’il vient de guérir et à qui il a rendu la vie, de ne pas retomber dans sa faute, de peur que son état ne soit pire qu’auparavant (1), prions continuellement et demandons jour et nuit que Dieu protège et conserve la sanctification et la vie que nous avons reçues de sa grâce.

(1) Allusion à Jn 5, 1-18.

Saint Cyprien de Carthage († 258), Sur l’oraison dominicale

MÉDITER :

L'Auteur :

Diadoque de Photicé (400-470)
   Évêque de Photicé, en Grèce, il fut l’un des grands exposants de la spiritualité des Pères du désert, dont l’influence fut considérable dans le monde byzantin.

Cyprien de Carthage (Saint, † 258)
   Berbère converti au christianisme, Cyprien devient évêque de Carthage avant de finir exilé puis martyr. Il laisse une oeuvre théologique importante dont s’inspirera saint Augustin.