Dimanche 1er août 2021

18e dimanche du Temps Ordinaire

« Je m’ennuie dans la prière… »

Saint François de Sales disait que si, dans notre oraison, nous ne faisions rien d’autre que de chasser distractions et tentations, cette oraison serait bien faite. Tauler dit même que celui qui persévère dans l’oraison malgré l’aridité, Dieu lui fait une plus grande grâce qu’à celui qui prierait beaucoup et avec beaucoup de dévotion sensible. Le Père Rodriguez parle de quelqu’un qui, en quarante années d’oraison, disait n’avoir jamais éprouvé aucune consolation ; mais les jours où il la faisait, celui-là se sentait plein de force pour vivre les vertus, tandis que s’il l’omettait, il éprouvait une telle faiblesse, qu’il se trouvait incapable de quoi que ce soit de bon. Saint Bonaventure et Gerson disent que beaucoup servent Dieu de meilleure façon en n’ayant pas le recueillement qu’ils désirent, qu’en l’ayant : en effet, ils vivent alors avec plus de zèle et d’humilité, tandis qu’autrement ils pourraient se laisser aller à la vanité, et deviendraient tièdes en pensant avoir déjà trouvé ce qu’ils cherchaient.

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), De la Conformité à la volonté de Dieu

MÉDITER :

    Revenons toujours au texte fondamental de saint Augustin, présenté lundi dernier : la prière n’est pas pour changer Dieu, mais pour nous changer. Plus elle « résiste » en nous, plus elle nous force à sortir de nous-mêmes ; moins elle comporte de sentiments, plus elle dilate notre foi.

    Il ne s’agit pas de chercher la difficulté, ou l’aridité dans la prière ; mais ce qui dépend de nous est la fidélité. Le reste est l’affaire de Dieu lui-même, et n’en doutons pas : moins les choses dépendent de nous, plus elles dépendent de Dieu, dans la prière comme ailleurs. Et plus elles dépendent de Dieu, plus elles nous portent en Dieu, si nous les acceptons telles qu’il nous les donne.

    L’expérience montre que la fidélité à la prière difficile s’accompagne d’un progrès général dans la fidélité à toute notre vie chrétienne : c’est bien la preuve que notre capacité à recevoir Dieu augmente, comme nous l’annonçait saint Augustin.

L´Auteur :

Alphonse-Marie de Liguori (Saint, 1696-1787)

Né à Naples, il suit un régime d’études serré et parvient au doctorat en droit à 16 ans. Destiné par son père au barreau, il sera cependant prêtre en 1726, puis évêque. Brûlant du désir missionnaire, il fonde l’Institut du Très Saint Rédempteur, et prend la plume pour les besoins des âmes de son temps, affermissant foi et espérance par ses ouvrages dogmatiques.