Mardi 27 septembre 2022

Bienheureuse Maria Agostina 'Aguchita' Rivas López

Religieuse péruvienne (✝ 1990)

Mère, frère, sœur de Jésus

Pour Jésus, même ses parents n’auraient pas été des frères, s’ils n’avaient pas été des disciples. En effet, quand on lui annonce quelque part que sa mère et ses frères sont là dehors, tandis qu’il parle avec ses disciples, il dit ceci : «Qui est ma mère, qui sont mes frères ? Et tendant la main vers ses disciples, il déclara : voilà mes frères. Et celui qui fait la volonté de mon Père, c’est lui qui est ma mère, mon frère et ma soeur.»1 Cela vaut donc de Marie aussi, puisqu’elle a fait la volonté du Père. Ce que le Seigneur a magnifié en elle, c’est qu’elle ait fait la volonté du Père, non que sa chair ait engendré la sienne.

Que votre charité fasse ici attention ! Alors que le Seigneur suscitait l’étonnement des foules en faisant des signes et des prodiges qui révélaient ce qui était caché en lui, quelques admirateurs s’exclamèrent : «Heureux le sein qui t’a porté !» Mais lui de répondre : «Plus heureux encore ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent !»2 C’est-à-dire : «Ma mère que vous avez appelée heureuse, elle aussi l’est pour avoir gardé la parole de Dieu, non parce qu’en elle le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ; elle l’est parce qu’elle a gardé le Verbe lui-même, par lequel elle a été faite et qui s’est fait chair en elle.»

Que les hommes ne se réjouissent pas de leur descendance temporelle, mais qu’ils exultent d’être uni à Dieu selon l’esprit !

1 Mt 12, 46-50

2 Lc 11, 27-28

Saint Augustin (354-430), Sur saint Jean, X, 3

MÉDITER :

Quelle que soit notre vocation, ce n’est pas la grandeur de cette vocation, mais le fait d’y être fidèle, qui nous rend disciple de Jésus. Toutes les vocations ont en commun de nous porter à l’union au Christ : la Vierge Marie elle-même n’a été la Mère de Dieu que parce que d’abord elle a été unie au Christ.

La Liturgie de l’Eglise nous montre Marie dans l’accomplissement de ses tâches maternelles ; mais ce qu’elle en montre n’est que l’écho de sa maternité fondamentale de disciple. Et ailleurs, saint Augustin nous dirait que si Jésus n’a eu qu’une maman, il a autant de mères qu’il a de disciples : être chrétien, c’est toujours s’offrir à Dieu pour qu’il fasse naître en nous un fils.

Être chrétien n’est pas seulement être fils comme Jésus, mais bien être fils en Jésus, devenir ses membres par l’opération du Saint-Esprit, qui vient nous faire naître à sa vie de Fils unique du Père.

L´Auteur :

Augustin d’Hippone (Saint, 354-430)

Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Son œuvre immense ouvre le Moyen Age ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales.