Mercredi 8 juillet 2020

Saint Procope de Lubeck

Fol en Christ (✝ 1303)

Satan n'aime pas nous savoir en prière !

Quand les démons te voient plein d'ardeur pour la vraie prière, alors ils te suggèrent des idées de certains objets prétendument nécessaires ; et puis bientôt ils surexcitent le souvenir qui s'y rattache en poussant l'intelligence à leur recherche ; puis, comme elle ne les trouve pas, elle s'attriste fort et se chagrine. Alors, au temps de la prière, ils lui remémorent les objets de ses recherches et de ses souvenirs, afin que l'intelligence, entraînée à les considérer, perde la prière fructueuse.

Le démon est extrêmement jaloux de l'homme qui prie, et il use de tous les artifices pour lui faire manquer son but. Aussi ne cesse-t-il de raviver par la mémoire la pensée des choses et de réveiller par la chair toutes les passions, afin d'entraver sa course si belle et son exode vers Dieu.

Si tu t'appliques à la prière, prépare-toi aux assauts des démons et supporte vaillamment leurs coups ; car ils se jetteront sur toi comme des fauves et mettront à mal tout ton corps.

Évagre le Pontique (346?-399), Traité de l'Oraison, 10, 47, 91

MÉDITER :

Le démon ne craint pas tant nos bonnes œuvres que notre prière : c'est notre intimité avec Dieu qu'il jalouse. Aussi nous suggère-t-il tous ces beaux prétextes pour ne pas prier : je n'ai pas le temps, ça ne sert à rien, c'est ridicule... Bref, on a toujours mieux à faire.

Mais la prière est un reflet de notre vie : si nous nous laissons encombrer de "certains objets prétendument nécessaires", nous les retrouverons sous forme de distractions dans la prière. La volonté de prier est indissociable d'un effort général de conversion à une vie selon l'Évangile, c'est-à-dire uniquement soucieuse de faire la volonté de Dieu.

Quelle est la place réelle de la prière dans ma vie ? Quelle est la place de Jésus dans ma vie ?

L'Auteur :

Évagre le Pontique (346?-399)

Né à Ibora, en Turquie, disciple de saint Basile, de Grégoire de Naziance (qui l’ordonne diacre), prédicateur à Constantinople, Évagre quitte la cour impériale et ses intrigues pour embrasser la vie solitaire, à Jérusalem d’abord, puis au désert d’Égypte à l’école de saint Macaire. Son œuvre abondante nous a été mal transmise, du fait des censures qui l’ont frappée en même temps que celle d’Origène. Il nous en reste essentiellement des collections de maximes sur la vie spirituelle, dont l’influence sera considérable sur la spiritualité monastique ultérieure, tant en Orient qu'en Occident, notamment à travers Jean Cassien.