Mercredi 25 mai 2022

Pour que Jésus-Christ soit en nous

Nous devons aller à la sainte communion, d'abord pour que Jésus-Christ soit en nous tout ce qu'il doit y être, et que nous y cessions nous-mêmes d'être ce que nous sommes, voulant nous y perdre en lui et nous priver de nous-mêmes.

Nous devons aller à la communion par obéissance au désir qu'a Jésus-Christ de nous recevoir en lui dans son être et dans sa vie, de détruire l'être et la vie que nous avons présentement, et de nous faire devenir ce qu'il est, c'est-à-dire vie, vérité, amour et vertu pour Dieu.

Nous devons obéissance au désir que Jésus-Christ a de nous recevoir et de nous posséder, car la communion ne nous donne pas seulement Jésus-Christ, mais de plus elle nous donne à Jésus-Christ, puisqu'il dit lui-même que celui qui le reçoit demeure en lui. Or, ce désir qu'il a de nous recevoir est aussi grand que sa charité est grande, et que sont grands les droits que ses mérites et son amour lui donnent sur nous. C'est donc une grande infidélité de manquer à ces désirs de Jésus-Christ, si nous n'avons pas d'empêchement légitime à la sainte communion.

Charles de Condren (1588-1641), éd. Pin, Lettre LXXVI

MÉDITER :

Habituellement, nous pensons notre pratique des sacrements en fonction des bienfaits que nous en attendons. Et si communier ou se confesser ne nous apporte rien, nous laissons tomber... Or, le mouvement de la vie chrétienne est inverse : c'est Dieu qui prend l'initiative, lui qui invite, lui qui désire.

Dieu ne peut pas se passer de nous : c'est ainsi. Ne soyons pas chrétiens pour nous, mais pour Lui. Non pas qu'il veuille profiter de nous, mais tout son bonheur est que nous profitions de Lui : "ce désir qu'il a de nous recevoir est aussi grand que sa charité est grande."

Jésus nous dit dans l'Évangile : "J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâques avec vous !" (Lc 22, 15) Est-ce que le soin que j'apporte à ma pratique de l'eucharistie correspond à ce désir de Jésus ?

L´Auteur :

Charles de Condren (1588-1641)

D'une famille de grands administrateurs civils, de petite santé, tout entier voué à la vie intérieure, c'est malgré lui qu'il acceptera la succession de Bérulle à la tête de l'Oratoire de France. Sa puissance intellectuelle comme sa sainteté en feront le véritable maître de "l'École Française", dont l'influence sera décisive sur la formation du clergé des trois derniers siècles.