Mercredi 21 Août 2019

Réveillons-nous !

Voici que le Verbe arrive et frappe à ta porte. Que ta porte soit donc ouverte à Celui qui vient ! Ouvre-lui cette porte ! Élargis le sein de ton âme, pour connaître les richesses de la simplicité et les trésors de la paix. Dilate ton cœur et viens à la rencontre du soleil d’éternelle lumière qui illumine tout homme, splendeur véritable qui resplendit pour tous.

Mais celui qui ferme ses fenêtres se prive lui-même de la lumière éternelle : ainsi laisses-tu le Christ dehors, si tu fermes les portes de ton âme. Certes, il pourrait entrer, mais il ne veut pas s’imposer en importun, ni forcer ceux qui lui résistent.

Heureux celui à la porte duquel le Christ frappe ! Notre porte, c’est la foi, qui, si elle est solide, défend toute la maison. C’est par cette porte que le Christ pénètre. Sois vigilant, de peur qu’à son arrivée, l’Époux ne reparte parce que tu l’aurais laissé dehors : en effet, si tu dors et que ton cœur ne veille pas, il repartira sans frapper ; mais si ton cœur veille, il frappera et te demandera de lui ouvrir la porte.

Le Christ vient à ta porte et frappe : ouvre-lui ! Il veut entrer, il veut trouver vigilante son épouse : ne fais pas attendre le Bien-Aimé ; il pourrait se retirer aussitôt parce que tu l’aurais laissé dehors, dans le sommeil de ton inconscience.

Saint Ambroise (340-397), Exposition sur le Psaume 118, 12

MÉDITER :

   Le Christ ne cesse de frapper à notre porte : lorsque notre conscience nous montre le bien et le mal, c’est Lui ; lorsque nous écoutons sa Parole dans la liturgie, c’est encore Lui ; lorsque l’Église nous enseigne, c’est toujours Lui, lorsqu’un pauvre nous interpelle, lorsqu’un malade crie sa souffrance… Mais bien souvent nous n’entendons pas, ou plutôt nous ne voulons pas entendre « dans le sommeil de notre inconscience ».

   « Notre porte, c’est la foi », et la foi consiste justement à donner la parole au Christ et à l’écouter. Ne disons pas qu’il est trop loin ou qu’il parle trop bas : le pauvre ou le malade sont tout près, et l’Évangile est en vente libre.

   À Noël, toutes les portes étaient fermées pour Marie et Joseph : personne n’avait remarqué Dieu qui passait. Allons-nous le laisser dehors et le laisser repartir ?

 

L'Auteur :

Ambroise (Saint, 340-397) 

Évêque de Milan, maître de saint Augustin, champion de la liberté de l’Église face au pouvoir politique, Ambroise est d’abord un commentateur de la Bible et un catéchète aux œuvres très lues par le moyen-âge latin. On lui doit aussi un grand enrichissement de la liturgie occidentale, et notamment le vrai début du chant d’Église.