Samedi 27 mai 2023

Saint Gaubert

Prêtre et ermite en Auvergne (+ 1079)

Jésus, source de toute lumière

Puisque vous êtes aveugle, laissez-vous conduire par Celui qui est la source de toute lumière. Cela vous coûtera, vous affligera et vous tourmentera ; tant mieux, c’est le plus beau de l’affaire. Vous serez quelquefois dans l’incertitude sur l’état où vous êtes ; tant mieux encore ; ce n’est pas à vous de le savoir, et c’est un grand moyen de vous détacher de vous-même, et de vous abandonner à Celui qui doit être votre tout. Plus vous vivrez dans le doute par rapport à votre état, plus vous serez dans une dépendance entière de Dieu ; et c’est ce qui doit faire le sujet de la plus grande joie de votre cœur.

Mon Dieu seul est grand, mon Dieu seul est beau, mon Dieu seul est riche, puissant et éclairé ; et moi je suis pauvre et misérable devant lui, tout couvert de plaies et d’ulcères, aveugle, boiteux, contrefait, digne des plus grands mépris et de toutes les humiliations. Quelle joie, quel amour ne doit-il pas y avoir dans le cœur à la vue de cette suprême grandeur et de cette extrême misère ! Combien mon âme ne doit-elle pas être unie dès le commencement de ma vie et durant toute l’éternité, à mon Seigneur Jésus, et rester dans sa complète dépendance, pour qu’il soit en moi toute lumière, toute grandeur, toute richesse, tout bonheur et tout amour devant son Père céleste, qui, par là même, devient le mien. Ô endurcissement du cœur humain ! Pourquoi ne se fond-il pas d’amour devant ce cher Seigneur ? Il me semble que c’est ce que saint Paul veut dire quand il s’écrie : « Quand je suis faible et infirme, c’est alors que je suis puissant ! » (II Co 12, 10.)

François Libermann (1802-1852), Lettre du 11 septembre 1835

MÉDITER :

L’aveugle-né représente notre cécité spirituelle. Cécité naturelle, parce que devant Dieu, l’homme ne sera jamais que pauvre, misérable, tout couvert de plaies et d’ulcères, aveugle, boiteux et contrefait ; mais cécité surnaturelle aussi du fait du péché qui nous prive de la lumière divine. Faut-il s’en désoler ? Non, mais simplement nous abandonner à Celui qui doit être notre tout.

Cette cécité est aussi celle de la foi : nous tenons la main de Dieu, et c’est lui qui nous guide. Cela doit nous suffire, et il ne nous appartient pas de savoir où nous en sommes dans notre vie chrétienne. S’en inquiéter serait déjà sortir de la simplicité de la foi.

Une complète dépendance du Seigneur Jésus : voilà la vie chrétienne. À l’aveugle-né, Jésus n’a demandé qu’un peu de foi, celle de notre baptême. Et à partir de là, nous nous mettrons à voir toute chose des yeux même de Jésus.

 

L´Auteur :

Libermann (Vénérable François, 1802-1852)

Fils d’un rabbin alsacien, baptisé à 24 ans au lendemain d’une conversion fulgurante, il s’oriente vers le sacerdoce qu’il ne recevra qu’à 40 ans du fait de sa santé précaire. Remarquable directeur spirituel, il est aussi l’un des grands acteurs de l’évangélisation de l’Afrique, à travers la Congrégation du Saint Esprit qu’il relance en 1848.